JOURNEE PARENTALITE du 15 mai 2008
"Vous avez dit… Famille..."


 

 

La troupe de théâtre « Qualité Street", de Rennes, ouvre l’après-midi, en proposant, pour illustrer la thématique de la journée, quatre saynètes inspirées de la pratique du théâtre miroir. Le principe est de susciter un échange à partir de scénarii et de jeux  qui interpellent le public. Le ton des saynètes, même si le sujet peut être grave, est traité sur un mode humoristique. Dans cette pratique théâtrale, il est prévu qu’un professionnel tienne la place de « maître de cérémonie » afin d’éclairer la thématique abordée par la saynète à partir des débats.
Ainsi, Daniel COUM a endossé ce rôle.

La première saynète aborde l’homoparentalité autour de la rencontre de deux jeunes d’une dizaine d’années. L’un d’eux, dont c’est l’anniversaire n’ose pas inviter son copain parce que son père partage désormais sa vie avec un homme.
A l’appui de son propos du matin, Daniel COUM rappelle qu’il ne s’agit pas d’une question de genre ni de sexe, mais une question de place de parent et qu’il ne faut pas faire l’amalgame entre homoparentalité et homosexualité.

La deuxième saynète traite de la monoparentalité à partir de la situation d’une mère qui élève seule un fils préadolescent qui se pose des questions sur la sexualité et notamment la production de sperme. La mère , désemparée, fait appel à son ex-mari qui réside au japon et tombe sur sa messagerie. Un monologue s’installe reflétant sa solitude de parent.
Face à cette solitude parentale exprimée, Daniel COUM reprend la notion de triangulation développée le matin et la nécessité pour cette mère de pouvoir interpeller un autre tiers en l’absence du père. L’enjeu est d’éviter, comme dans certaines situations, que des adolescents se retrouvent « béquilles » de leur parent, isolé. En outre, dans une configuration familiale mère/fils, Daniel COUM rappelle la notion de place : un enfant n’est ni un conjoint, ni un confident. L’amour filial n’a rien à voir avec un amour conjugal.

 

Dans ces situations, quel est le lien qui va être privilégié : le lien avec le nouveau conjoint ou le lien à l’enfant ?  Le risque est qu’il y ait concurrence entre ces deux liens. Or, l’important est la cohérence éducative entre les adultes qui occupent une place parentale et leur reconnaissance mutuelle de leur rôle parental : le parent, c’est celui qui est reconnu comme tel par l’enfant.
Monsieur COUM rappelle en conclusion qu’il ne peut y avoir de bonnes relations avec un adolescent sans relation conflictuelle (cela renvoie à la nécessité de poser un cadre, des limites, des repères).

 

La troisième saynète met en scène la famille recomposée.

1er tableau : deux enfants comparent leur famille respective : Léo vit avec son père et sa belle-mère qui attend un bébé, Thomas vit dans une famille « classique ».
Ce dernier envie son copain pour tous les avantages qu’il en tire. Le premier s’interroge sur les changements que va induire l’arrivée du bébé.

2ème tableau : la belle-mère de Léo reproche au père d’être trop coulant avec l’adolescent, la faisant passer pour une marâtre. Elle n’a aucune responsabilité juridique vis-à-vis de lui, mais doit cependant endosser la charge éducative de son beau-fils. Le père justifie son comportement au motif qu’il ne le voit pas souvent.

3ème tableau : altercation entre Léo et sa belle-mère au sujet du respect des règles de sécurité routière (port de son casque).  Léo s’emporte, lui rappelant qu’elle n’est pas sa mère. Le père arrive et se donne le rôle de réconciliateur. Avec surprise, il se heurte à la réaction de son fils : « elle est peut-être chiante, mais, au moins, elle tient à moi et me laisse pas faire n’importe quoi. »

Daniel COUM met en exergue :

  1. la culpabilité du parent qui peut apparaître dans les situations de séparation devant la souffrance de leurs enfants,
  2. la difficulté d’un beau parent à prendre une place auprès d’un enfant qui n’est pas le sien et qui de surcroît,  personnifie l’ancien lien conjugal.

La quatrième saynète présente la famille traditionnelle où la  fille aînée poursuit de brillantes études, le fils va se marier et le petit dernier est bon en sport. Les parents préparent le traditionnel repas familial de Pâques en échangeant des propos critiques sur la famille de la saynète précédente : « pas étonnant que les enfants aient des problèmes de comportement avec des parents divorcés… ».
Différents évènements se succèdent :

  1. le père ouvre un courrier où le directeur du collège de leur dernier annonce son éviction prochaine des cours, suite à une bagarre et insulte d’un professeur.
  2. téléphone de la fille aînée leur annonçant son homosexualité,
  3. puis, appel du fils les informant de l’annulation de son mariage.

Les parents sont désappointés et s’interrogent sur l‘idée de solliciter les conseils des parents qu’ils critiquaient.

Daniel COUM pointe le danger de se référer à un seul modèle au risque de se fermer à l’accueil de la diversité et de sa richesse.
« Pour qu’un autre soit autre, il faut qu’il soit différent. C’est la diversité, familiale, sociale, culturelle…qui va façonner l’enfant ».

Clôture de la journée

Annie JANNES, responsable du Pôle Activités Départementales CAF remercie intervenants et participants, mais aussi l’ensemble des services de la CAF qui ont contribué de près ou de loin  à la mise en œuvre de cette journée parentalité 2008, aussi dynamique que les précédentes.
Forts de la richesse des apports et des échanges, elle donne rendez-vous à tous pour  la prochaine édition, prévue en 2010.

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réseau parentalité 56
N°12
décembre
2008

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